Services à la personne : les salariés s'estiment globalement satisfaits
Services à la personne : les salariés s'estiment globalement satisfaits
jeudi 3 juin 2010
Les enseignements du premier baromètre de la qualité et de la professionnalisation des emplois de services à la personne, réalisé par l'Agence nationale des services à la personne (ANSP), dressent un bilan plutôt positif de l'emploi dans ce secteur d'activité. Avec 1,67 million de salariés et des taux horaires en moyenne bien au-dessus du SMIC, les revenus des employés restent cependant insuffisants du fait de la généralisation du temps partiel.
L'Agence nationale des services à la personne (ANSP) a publié, le 19 mai 2010, les résultats de la première édition de son baromètre de la qualité et de la professionnalisation des emplois de services à la personne, réalisé à partir d'une enquête effectuée en décembre 2009 et janvier 2010 auprès de 1 200 salariés et 200 organismes agréés. Poursuivant les objectifs du second plan des services à la personne, lancé en mars 2009 et qui vise à améliorer la qualité des emplois et à favoriser la professionnalisation des acteurs, le baromètre de l'ANSP relève 5 enseignements principaux. À savoir :
- Premier enseignement : les services à la personne constituent « un ensemble homogène d'activités et de salariés » . Ils s'organisent autour de 11 activités qui déterminent six catégories de salariés parmi lesquelles on distingue les aides aux travaux ménagers, l'assistance aux publics fragiles, la garde d'enfants, le soutien scolaire et l'assistance informatique et administrative et les travaux divers.Parmi les salariés, on compte une majorité de femmes (94 %) ainsi qu'une forte présence des seniors (60 % des salariés ont entre 40 et 59 ans).
- Second enseignement : la rémunération horaire est supérieure au SMIC. Pour l'ensemble des activités de services à la personne, les rémunérations horaires sont assez élevées (10 euros nets), soit 30 % de plus que le niveau du SMIC (6,96 euros), et + 18 % pour les deux plus importantes catégories de services à la personne que représentent les travaux domestiques et l'assistance aux publics fragiles (9 euros de l'heure).
- Troisième enseignement : 50 % des salariés sont satisfaits de leur volume d'activité. L'autre moitié souhaiterait travailler plus, à hauteur de 10 heures supplémentaires en moyenne par semaine. La rémunération en moyenne s'élève à 690 € net par mois, pour un volume hebdomadaire en moyenne de 22 heures - proche du temps partiel moyen en France (23 heures par semaine). De tels revenus sont souvent insuffisants pour vivre, notamment au sein de ménages mono-actifs.
- Quatrième enseignement : des conditions de travail correctes dans un secteur jugé stable. « 3 salariés sur 4 ne souhaiteraient pas changer de secteur d'activité s'ils en avaient le choix. » Très peu de difficultés liées à leur activité sont évoquées par les salariés qui déclarent massivement se sentir respectés par leurs employeurs. En termes de qualité de travail, c'est surtout la faiblesse de l'évolution salariale qui est pointée du doigt, participant ainsi d'un manque de perspectives d'évolution des emplois du secteur. Finalement, le bilan est moins négatif que l'image communément admise du secteur.
- Cinquième enseignement : la majorité des salariés d'organismes agréés sont également employés en direct par des particuliers employeurs. « On constate parmi les 114 000 salariés d'organismes agréés (OASP) cotisants à l'IRCEM (soit 40 % du total des 279 000 salariés d'OASP répertoriés en 2008) que 60 % d'entre eux sont aussi des salariés en emploi direct. »


