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Un nouveau regard sur le stress

Article de Karin Reuter et Michel Savage, paru le 9 septembre 2007 sur le site
http://www.mieux-etre.org/interactif/article.php3?id_article=1815 Les premières recherches

Que sait-on du stress aujourd'hui ? En 1936, un médecin canadien, Hans Selye avait déjà découvert que le stress est un mécanisme d'adaptation non spécifique de l'organisme à son environnement pour se maintenir en équilibre. Qu'il s'agisse d'une blessure physique, d'une agression verbale ou d'un choc affectif, notre corps réagit toujours de la même façon suivant une séquence alerte - réaction - récupération, ce que le Dr Selye appelait le SGA - le Syndrome Général d'Adaptation.
Lorsque le stress est ponctuel, les surrénales secrètent de l'adrénaline qui va mobiliser le sucre stocké dans le foie pour contracter les muscles et stimuler l'apport d'oxygène au cerveau en accélérant le rythme cardiaque. Une fois la menace passée, les résidus de l'effort musculaire s'éliminent et le corps reconstitue ses réserves. Quand le stress devient chronique et que les réserves d'énergie s'épuisent, ce sont les hormones corticoïdes qui prennent le relais de l'adrénaline pour produire de nouvelles réserves de sucre à partir des protéines, mais au prix cette fois d'une chute du système immunitaire et de divers troubles secondaires. C'est une stratégie de survie de dernière chance. Si le phénomène persiste, l'organisme s'épuise, il n'arrive plus à faire surface et le cercle vicieux s'installe.

Toutes les applications en matière de stress depuis ces découvertes consistent à identifier son seuil de résistance au stress, à le respecter et le faire respecter. Tout l'art est donc de cerner ce qui nous fait réagir et de ne pas dépasser ses limites. Ce travail peut évidemment être accéléré ou facilité par la présence de quelqu'un aidant à digérer le stress : en l'occurrence, le plus souvent : faire le deuil, (se) pardonner, accepter l'inévitable, mobiliser ses ressources, boucler les situations inachevées.

Changer le regard

Que faire quand on n'a pas prise sur les facteurs ambiants de stress ou qu'on ne peut pas s'y soustraire ? Chacun sait que ce qui stresse les uns ne stresse pas forcément les autres ; pourquoi certaines personnes sont-elles sensibles aux maladies infectieuses, au bruit, à la foule, à l'agressivité ou n'importe quel autre facteur de stress et d'autre beaucoup moins ? Il y'a bien une question de terrain. Tout semble se passer comme si ce n'était pas la réalité qui nous stressait mais l'idée qu'on s'en fait. C'est l'impression de ne pas avoir prise sur soi ou sur son environnement qui nous met en difficulté.

Le terme « stress » lui-même est non spécifique et désigne aussi bien un facteur de stress que la réaction de notre organisme pour s'y adapter. Dans le monde animal, le stress reste un mécanisme purement biologique permettant aux individus de l'espèce d'attaquer, de fuir ou de faire le mort : trois grandes stratégies pour préserver leur survie.
 
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