Difficile de recruter des personnes qualifiées
Proxi'vie peine à recruter des gens qualifiés pour l'aide aux personnes
La Voix du Nord - mercredi 20.08.2008
Hadjila Lotterie, fondatrice de Proxi'vie, cherche à recruter une auxiliaire de vie pour septembre. De nombreux entretiens et un constat amer : une seule personne s'est avérée qualifiée pour l'emploi. Dans la région, il y a beaucoup de travail dans ce domaine, mais peu de diplômés.
PAR AUDREY HALFORD
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. « Tout ce qui touche de près ou de loin à l'humain nécessite une formation. » Hadjila Lotterie est formelle. Depuis qu'elle essaie de recruter, elle a vu défiler de nombreuses personnes et entendu de nombreux clichés. « On me dit : "Tout le monde sait faire le ménage, je sais préparer un repas, j'ai déjà fait la toilette de ma grand-mère." Mais on ne devient pas nourrice agréée parce qu'on a élevé un enfant », note Hadjila.
On dit souvent que les services d'aide à la personne dépendante sont en plein essor. Les gens ne comprennent donc pas toujours qu'avec une telle pénurie de main d'oeuvre, on refuse de les embaucher. « Certains jeunes non qualifiés ont même postulé pour un job d'été. Ce n'est pas comme dans un centre aéré, c'est un métier qui demande des qualifications ! », revendique la gérante.
Lever, coucher, toilette, repas, accompagnement. De 7 h à 20 h, le jardinier, l'aide ménagère et les deux auxiliaires de vie rendent service à une quarantaine de personnes handicapées et âgées de Neuville-en-Ferrain, Tourcoing, Wattrelos et Roncq.
« Tous nos clients sont différents, ils ont des pathologies différentes », note la directrice. Les postulants non diplômés oublient souvent qu'une part de ce métier est médicale. L'écoute et l'approche des clients, qui sont souvent des patients, sont primordiales. « On ne se contente pas de faire le ménage, comme chez soi. Et la toilette est très règlementée. »
Faire changer les mentalités
Ce type d'aide aux personnes a toujours existé, mais elle a été longtemps assurée par les proches des personnes concernées. La reconnaissance du métier en tant que tel prendra encore du temps. « Des personnes pensent que parce qu'elles ont pris soin d'un grand-parent pendant quelques temps, elles sont aptes à exercer cette profession », déplore l'entrepreneuse. Selon elle, une telle expérience, au lieu d'être bénéfique, fausse les idées qu'on se fait de l'aide aux personnes dépendantes.
« On ose disputer son grand-père, mais on ne doit pas agir de la sorte pour décider un client vulnérable à manger ce qu'on a préparé. Les gens prennent alors de mauvaises habitudes, tout le contraire de ce qu'ils auraient appris en formation », insiste Hadjila.
En structure, les intervenants ne sont pas livrés à eux-mêmes. Un responsable est généralement présent. Dans le cas de Proxi'vie, la responsable ne peut pas accompagner ses employés et tout leur apprendre sur le tas. C'est là que la formation devient primordiale.
« Je dois pouvoir compter sur l'autonomie de mes salariés. » De même, la confiance est élémentaire. « Pour entrer dans un organisme de formation, il faut donner un extrait de casier judiciaire. C'est aussi une sécurité apportée par la formation. » Bien loin d'être une « fétichiste » de la formation diplômante, Hadjila Lotterie revendique : « Le diplôme ne fait pas tout, et tout le monde n'est pas fait pour ce métier. La première qualité, sans laquelle le diplôme ne vaut rien, reste le savoir-être. » •
> Contact : 03 20 01 31 54/06 13 27 92 63 Site : http ://www.proxivie.eu


